Le groupe « Pour un Brivadois en commun » a finalement refusé de participer à un vote qui n’était pas la conclusion saine d’un vrai processus de démocratie. Retour en 5 actes sur la construction d’un vote dérangeant.
Acte 1: Pas de commission spécifique sur le passage en régie.
La commission Grands Equipements se réunit pour préparer les statuts de la toute nouvelle structure Aquabulle devenue régie (voir notre article: Un passage en régie aux forceps pour le centre Aqualudique). La création d’une commission Ad Hoc, c’est à dire une commission spécifique, nous a été refusée. Nous demandons alors que sur ce point précis du passage en régie un autre membre de notre groupe puisse rejoindre la commission Grands Equipements. Nouveau refus malgré ce que dit la loi Engagement et Proximité sur la possibilité d’ouvrir les commissions à davantage d’élus. Nous demandons à ce que le conseil d’administration qui va être créé pour cette nouvelle régie puisse être ouvert à la société civile, les associations, les usagers, le personnel… Mais s’exprime la crainte de la perte du contrôle de la décision. Nous rappelons que dans une régie les élus restent majoritaire, ils gardent donc la main sur la décision. Et nous savons par expérience qu’un groupe de 15 à 20 personnes reste tout à fait adapté à ce genre de structure. Tout est une question d’animation et de volonté. Non! Il faut être peu de membres car, nous affirme-t-on, la vie démocratique d’une pareille instance de décision ne peut se gérer correctement qu’avec un nombre restreint de personnes.
Acte 2: Un appel à candidature est lancé.
Après ce premier travail de la commission un appel à candidature est donc lancé auprès de l’ensemble des délégués communautaires. Notre groupe répond avec une double candidature que nous expliquons. Notre travail d’élu communautaire est exigeant et notre efficacité se trouve dans cette présence plurielle aux commissions. Nous ne savons rien des autres candidatures mais nous exprimons clairement auprès du président de la CCBSA cette nécessité d’être deux pour faciliter notre implication, en rappelant être toujours dans une démarche de participation constructive.
Acte 3: La commission Grands équipements arrête les statuts
La date limite de dépôt des candidatures est passée. La commission Grands Equipements est de nouveau réunie et propose d’arrêter le nombre de personnes au conseil d’administration de l’Aquabulle à 8 élus et 4 membres de la société civile, c’est a priori le nombre de candidature reçu au titre de la représentation des délégués communautaires.
Acte 4: L’exécutif veut garder la main
C’est en coulisse que se joue la suite de cette comédie en cinq actes. La gestion du pouvoir est d’abord une question d’arithmétique. Conclusion: il faut que le jour du vote en conseil communautaire il n’y ait pas de place pour l’un de nos deux candidats. Il y aurait un risque. Imaginez vous-même! Et si quelques élus se mettaient d’accord avec le groupe « Pour un Brivadois en commun », alors avec l’appui hypothétique des autres membres non élus, ils pourraient prendre le pouvoir, empêcher l’Aquabulle de fonctionner, gêner les investissements à venir… Les extrapolations vont bon train.
Acte 5: Epilogue peu glorieux
Retour sur scène. Conseil communautaire où nous devons d’abord approuver les statuts de l’Aquabulle. Puis nous aurons à voter pour élire les membres au conseil d’administration. Nous demandons donc que soit énoncé le nombre de candidature reçu. 9, une candidature de plus que le prévoit le projet de statut. Nous demandons alors que soit modifié les statuts pour ne pas se couper des bonnes volontés autour de la table. Non, structure légère nous a-t-on déjà dit! Nous exprimons notre incompréhension. Quelle différence d’efficacité entre 12 ou 13 membres? A moins de penser que la superstition ait à voir avec la politique! Nous comprenons la manigance politicienne à vouloir écarter l’un de nous de ce nouveau conseil d’administration. Car comment interpréter autrement la candidature du président de la CCBSA? Les nouveaux statuts (article 8) lui donnait une place d’office dans le conseil d’administration, pourquoi passer alors par la case élection si ce n’est occuper un siège?
Devant cette attitude peu glorieuse nous décidons de retirer nos deux candidatures, non pour fuir nos responsabilités mais bien pour marquer notre désapprobation face à de pareils archaïsmes politiques.