Le vote électronique en question

Pourquoi ne pas mettre en place le vote électronique anonyme dans le conseil communautaire ?

Nous avons testé le vote électronique pour la première fois ce 2 février 2021. Nous réclamions depuis de long mois la généralisation de ce type d’outil, non seulement pour améliorer la lisibilité du comptage des votes mais aussi et surtout pour aller vers davantage d’anonymat. Car cet outil ne trouve réellement d’intérêt que dans cette impossibilité de savoir qui a voté quoi. Pourquoi vouloir encourager cet anonymat du vote, quand d’autres disent qu’il faut savoir assumer ses choix ?

Parce que dans la grande majorité des cas, quand le vote se fait à main levée pour s’exprimer, une autre mécanique plus insidieuse se met en place. Celle de l’écrasement des avis contraires par un certain suivisme. Résultat, toutes les décisions passent à 90%, voire plus. Sur des sujets délicats beaucoup de maires n’osent pas se mettre le président du conseil ou l’exécutif à dos avec un vote qui les démarquerait. A l’association des maires ruraux, certains élus témoignent même de cette “boule au ventre” qu’ils ont lorsqu’ils se rendent en assemblée pour des votes importants et qu’ils se résignent à approuver. Or, là où le vote électronique anonyme a été généralisé les décisions ne sont plus toutes adoptées à la quasi unanimité des voix mais parfois plus proche de 50%. Les votes sont beaucoup plus représentatifs de l’opinion réelle de l’assemblée.

La formule du vote électronique anonyme va dans le sens de plus de démocratie et de plus de tolérance vis à vis de l’autre. Et l’on peut aussi faire le pari que l’absentéisme des élus serait aussi moins grand du fait d’une meilleure prise en compte de leurs voix.